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Un Ironman dans une vie normale : le défi de Clément TRICHET

Publié le 28 août 2026 10 min
Bandeau de l'article de blog : Un Ironman dans une vie normale : le défi de Clément TRICHET Photo de Clément TRICHET sur un IRONMAN

Faire un Ironman, ce n’est pas seulement passer plusieurs heures à nager, pédaler puis courir. Pour un amateur, le véritable défi commence bien avant le jour de la course. Il faut intégrer des dizaines d’heures d’entraînement à son travail et à sa vie personnelle, tout en gérant un budget et les imprévus du quotidien.

C’est cette réalité que vit Clément TRICHET, triathlète amateur et maître-nageur. Après avoir découvert la longue distance, il s’est rapidement fixé de nouveaux objectifs. Progresser, multiplier les expériences et, à terme, décrocher sa qualification pour les championnats du monde Ironman.

Mais avant de penser à Kona, il faut d’abord réussir à caser l’Ironman dans son quotidien.

15 heures d’entraînement… et une vie à côté

Préparer un Ironman demande du temps. Beaucoup de temps.

Sur une semaine classique, Clément consacre environ 15 heures à l’entraînement, avec des semaines spécifiques pouvant monter jusqu’à 20 heures. Une charge qui se répartit entre les trois disciplines du triathlon :

  • 10 à 12 km de natation, soit environ 3 à 4 heures ;
  • 200 à 250 km de vélo, soit 6 à 8 heures ;
  • 50 à 60 km de course à pied, soit 4 à 5 heures.

À cela s’ajoute son activité professionnelle de maître-nageur. Il travaille environ 32 à 33 heures sur certaines semaines et jusqu’à 46 à 48 heures lorsqu’il travaille le week-end.

L’organisation est donc indispensable. Mais son métier lui offre aussi une certaine flexibilité.

« Nos horaires à la piscine me permettent de bien exploiter les matinées ou les après-midis pour avoir une vie sociale, fondamentale, aussi à côté. »

Cette souplesse lui permet de placer ses séances autour de son travail plutôt que de devoir choisir systématiquement entre sport et vie personnelle.

À l’inverse, les week-ends travaillés sont parfois plus frustrants. Ils réduisent les possibilités d’effectuer les longues séances habituellement associées à la préparation longue distance.

Faire un Ironman en amateur, c’est donc aussi apprendre à faire avec les contraintes du quotidien.

Un niveau toujours plus exigeant

Le triathlon longue distance a énormément évolué ces dernières années. Aujourd’hui, les meilleurs athlètes, qu’ils soient professionnels ou amateurs de haut niveau, sont extrêmement spécialisés dans chacune des trois disciplines.

« Les pros (et les top amateurs) ne sont plus que des triathlètes. Ils nagent comme des nageurs, roulent comme des cyclistes et courent comme des athlètes. »

Même chez les amateurs, gagner quelques places au classement demande souvent beaucoup de travail et d’investissement.

Pour Clément, cette recherche de performance passe donc par une préparation structurée et régulière, avec 15 heures d’entraînement par semaine en moyenne, et jusqu’à 20 heures lors des phases spécifiques.

Une préparation qui ne repose pas uniquement sur la motivation

Pour tenir sur plusieurs mois, la motivation ne suffit pas. La régularité devient essentielle.

Clément a choisi de confier la programmation de sa préparation à son coach, Guillaume BELGY. Une décision qui lui permet de bénéficier d’un cadre tout en conservant une certaine souplesse.

« Il est très à l’écoute sur mes besoins, mes disponibilités. »

Cette relation entre l’athlète et le coach est particulièrement importante dans une préparation longue distance. L’objectif n’est pas simplement d’accumuler des kilomètres. Il faut progressivement développer les qualités nécessaires pour supporter l’effort : endurance, résistance musculaire, capacité à maintenir une intensité pendant plusieurs heures, mais aussi capacité à récupérer.

Clément s’appuie également sur un environnement sportif varié. Il pratique notamment la natation au Cercle des nageurs de Niort, avec l’objectif de continuer à progresser dans une discipline qu’il considère encore comme son point faible. Un comble, diront certains, pour un maître-nageur ! Côté vélo, il alterne entre sorties en solitaire et entraînements partagés avec d’autres cyclistes ou triathlètes, ce qui lui permet de varier les séances et les approches.

Depuis quelques mois, Clément a également rejoint la Team 1Defy. Nous l’accompagnons dans sa préparation et, plus particulièrement, dans l’élaboration et l’ajustement de sa stratégie nutritionnelle, un élément essentiel pour lui permettre d’aborder ses entraînements et ses compétitions dans les meilleures conditions.

Cette approche rappelle une chose essentielle : même lorsqu’on est amateur, la performance est rarement totalement solitaire.

Récupérer pour pouvoir continuer à avancer

Avec une quinzaine d’heures d’entraînement hebdomadaires, la fatigue fait naturellement partie du processus.

La récupération devient alors aussi importante que l’entraînement lui-même.

Lorsque Clément sent qu’une baisse de forme apparaît, sa première réponse est simple : se reposer davantage. L’alimentation et les compléments alimentaires viennent ensuite accompagner cette récupération.

Cette approche est importante dans un sport où l’on pourrait facilement tomber dans le piège du « toujours plus ».

Ajouter une séance n’est pas toujours la solution. Parfois, la meilleure décision pour progresser consiste justement à réduire la charge et à laisser au corps le temps d’assimiler le travail effectué.

La progression en endurance se construit donc autant dans les séances que dans les périodes de récupération qui les entourent.

Une saison qui peut coûter 12 000 euros

La pratique amateur ne signifie pas que le coût est faible. Au contraire, une préparation longue distance implique de nombreux frais : inscriptions, hébergements, déplacements, nutrition, équipement et renouvellement du matériel.

Pour donner un ordre de grandeur, Clément estime qu’une saison comprenant deux triathlons au format L, un Ironman, les logements liés aux différentes compétitions, la nutrition et le renouvellement du matériel représente environ 10 000 à 12 000 euros.

Et cela sans compter l’achat d’un nouveau vélo.

Une partie de cet investissement est donc rendue possible grâce à ses partenaires. Giant Niort l’accompagne depuis deux ans sur le matériel et le vélo, tandis que nous l’accompagnons depuis cette année sur la nutrition.

« S’ils n’étaient pas là, je serais obligé de revoir les objectifs à la baisse, surtout financièrement. »

Pour un athlète amateur qui souhaite progresser et multiplier les compétitions, le soutien des partenaires peut donc avoir un impact très concret sur la capacité à poursuivre ses ambitions.

La performance sans mettre sa vie entre parenthèses

Malgré cette implication, Clément ne souhaite pas que le triathlon prenne toute la place.

Il continue à voir ses amis, sa famille, à partir en vacances, à passer des week-ends sans sport et à profiter de moments qui n’ont rien à voir avec l’entraînement.

« Je dois continuer de vivre normalement, voir des amies, ma famille, faire des week-ends sans sport, manger des glaces, partir en vacances. »

Ce fonctionnement peut sembler paradoxal lorsqu’on sait qu’il s’entraîne jusqu’à 20 heures par semaine. Pourtant, c’est justement cet équilibre qui lui permet de rester engagé dans la durée.

Le triathlon fait partie de sa vie, mais il n’est pas toute sa vie.

Le mental : apprendre à avoir un plan A, B… et C

Sur une course qui peut durer neuf, dix, onze heures ou davantage, tout ne peut pas être parfaitement contrôlé.

La météo peut changer. Une douleur peut apparaître. La nutrition peut devenir plus difficile à gérer. Une mauvaise sensation peut s’installer. Un objectif chronométrique peut devenir inaccessible.

Le mental consiste alors moins à vouloir contrôler chaque paramètre qu’à savoir réagir lorsque quelque chose ne se déroule pas comme prévu.

Clément travaille cet aspect depuis un an avec Patrick MARTIN en préparation mentale.

« J’ai des armes, comme si j’avais toujours des plans A-B et C. »

Cette capacité d’adaptation est particulièrement importante sur longue distance. Le jour de l’Ironman, il ne s’agit pas simplement de reproduire l’entraînement.

Il faut prendre des décisions pendant plusieurs heures.

Et c’est précisément ce qui rend l’expérience aussi particulière : pendant toute la course, l’athlète doit apprendre à composer avec son propre état physique et mental.

9 h 31 : le souvenir d'une première grande réussite

Lors de son premier Ironman, Clément visait un temps inférieur à dix heures. Lorsqu’il franchit la ligne d’arrivée, le chronomètre affiche 9 h 31.

Un résultat particulièrement marquant pour lui.

Un objectif atteint, mais surtout la concrétisation de tout le travail réalisé en amont.

« Je vis ma course à fond pour valider toute l’assiduité que j’ai eue durant mes entraînements. »

La Frenchman de Carcans fait également partie de ses meilleurs souvenirs. Il y réalise, selon lui, le meilleur triathlon de sa carrière en matière de statistiques et de sensations, avec un temps de 4 h 22, alors qu’il visait moins de 4 h 25.

Le rôle invisible de ceux qui restent sur le bord de la route

Même si le triathlon reste un sport individuel, Clément ne considère pas sa pratique comme une aventure solitaire.

Son entourage occupe une place importante et leur soutien est d’autant plus précieux qu’il est spontané.

« Ils sont impliqués sans que j’aie à leur demander, ce qui est magique. […] Un “Allez Clément” d’un inconnu, c’est flatteur, mais quand tu entends l’un de tes proches scander ton prénom, ça n’a pas le même effet. »

L’Ironman est une épreuve individuelle, mais sa préparation est loin de l’être.

Derrière un triathlète qui franchit la ligne d’arrivée, il y a souvent beaucoup de personnes qui ont accepté de partager une partie du chemin.

Et après ? Objectif Kona

L’histoire ne s’arrête évidemment pas à un premier Ironman terminé en 9 h 31.

2026 doit lui permettre de multiplier les expériences, de tester différentes distances et différents terrains, mais aussi de continuer à apprendre à se connaître en compétition.

En 2027, l’objectif sera de tenter de décrocher une qualification pour les championnats du monde Ironman dans sa catégorie d’âge.

Puis, à partir de 2028, l’ambition monte encore d’un cran : participer aux championnats du monde à Kona, explorer des épreuves plus exigeantes comme l’AlpsMan ou l’EmbruMan et progressivement devenir compétitif sur les 70.3 et les Ironman, avec l’objectif de viser des Top 10 à 20.

La trajectoire est ambitieuse, mais la méthode reste la même : avancer progressivement, accumuler de l’expérience et continuer à apprendre.

Le mot de Clément

« Si vous pensez que votre objectif est trop grand, infranchissable, trop difficile, vous êtes au bon endroit. Vous allez apprendre, découvrir et comprendre plein de choses. Tant dans la préparation sportive que vous êtes en train de mener, que sur vous, vos capacités, vos ressources, et à travers tous les gens qui vont partager un bout ou l’intégralité de l’aventure avec vous. Alors aucun doute, foncez et prenez tout ce que vous avez à prendre. »

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